Savoirs faire

Conseils et méthodologie

Quelles pistes pour écrire un roman :

Pourquoi retient-on certains romans, qui laissent une impression indélébile, une impression forte, des personnages que l'on n'oublie pas, tandis que d'autres glissent sur notre mémoire ? L'auteur doit mobiliser tous les talents :

  • Pour écrire un bon roman, il faut tout d'abord une histoire originale qui marque le lecteur. C'est la clef n°1, de loin la plus importante. Stephen King excelle dans ce domaine. De plus, il faut la traiter selon un angle particulier, jamais abordé auparavant. Ce n'est pas simple. Le mieux, c'est d'écrire un synopsis avant de commencer à rédiger, ceci afin de ne pas partir dans tous les sens.
  • Et puis il y a l'écriture ! Ce qu'on appelle le style, qui permet de fixer les images, propre à tout auteur digne de ce nom. La langue française est d'une richesse incroyable : chercher des synonymes, des tournures de phrases inédites. Quoi de plus navrant qu'un livre mal écrit ou banal ? Pire, avec des fautes d'orthographe ? Il s'agit de travailler, de retravailler ses mots, ses phrases, tel que le faisait Flaubert dans son "gueuloir". Ainsi, je citerai par exemple Emile Ajar et son roman intitulé La vie devant soi : l'auteur imite la façon de penser et de parler d'un petit garçon de dix ans. Il fallait y penser.
  • Inventer des personnages denses, incroyablement vivants, qui parlent, pensent, agissent, rient pleurent, aiment. Le protagoniste doit être particulièrement travaillé, physiquement et moralement. Ses agissements doivent le définir et les personnages secondaires le mettre en valeur. Il doit avoir une histoire de vie derrière lui. Une épaisseur. Je conseille de faire, au préalable, des fiches techniques pour chaque personnage : elles doivent contenir tout ce qui les concerne : leur façon de se vêtir, leur parcours de vie, leurs manies, etc.
  • Il faut choisir avec soin son point de vue : interne, externe ou omniscient. En gros, allez-vous choisir la première personne (interne) ou la troisième personne du singulier (externe ou omniscient). Le point de vue omniscient, ou "oeil de Dieu" est le plus commode : le narrateur sait tout de ses personnages. Il peut intervenir à tout moment dans le récit pour donner son avis.
  • Et enfin il faut relire ses classiques, lire encore et encore afin de se constituer une bonne culture littéraire.

 

J'espère que ces quelques conseils vous aideront à progresser dans votre désir d'écriture. Soyez exigeants et ne vous découragez pas : écrire un roman est un travail long et difficile mais combien exaltant !

 

Les fiches personnages

Exemple concret

Physique : petit, replet, les jambes courtes et arquées. Mains de manuel, épaisses, crevassées. Cheveux bruns, rares, début d'une tonsure. Yeux marron, bouche charnue. Vif, toujours en action. Il est vêtu de jeans retroussés, et d'un blouson noir élimé qui ne ferme plus. Basquettes éculées. 

Métier : Il vit d'expédients.

Habitation : Il vit à Asnieres, en banlieue parisienne, chez une logeuse. Un deux pièces sombre, mal rangé, qui donne sur une rue passante.

Caractère et psychologie : Solitaire et dissimulé. Il sait tout faire de ses mains. Bricoleur, opportuniste, malin. Instable, colérique. Marmonne souvent quand quelque chose ne lui plaît pas.

Accessoires : Une casquette à carreaux qu'il n'enlève jamais. Il a honte de sa tonsure. Une bague "tête de mort" en argent à son annulaire gauche.

Tics, manies : Il renifle dans ses doigts lorsqu'il est gêné. Il touche sans arrêt sa casquette.

Son histoire : D'origine italienne. Ses parents ont fuit le régime de Mussolini. Ils sont morts peu après leur installation dans un accident de voiture. Il va souvent se recueillir sur leur tombe, au cimetière d'Asnières. Le protagoniste est passé de foyer en foyer. Apprentissage à 14 ans dans un garage et trafic de pièces détachées.

Son nom : Marcello Leschi.

Son rôle dans l'histoire : Intermédiaire. A définir plus précisemment.

 

A ce stade, vous pouvez déjà l'imaginer. Un personnage secondaire. Il faut définir de façon plus précise son rôle dans l'histoire. Sûrement un intermédiaire qui aide le "méchant". Tout au long de l'histoire, vous allez puiser dans cette fiche pour que ce personnage reste cohérent. Il s'agit de le dévoiler petit à petit, à travers ses gestes et ses actions.

 

Mise en action :

Il se hâtait, sa sampiternelle casquette à carreaux vissée sur son crâne. Il grelotait dans son blouson noir qui ne fermait plus depuis longtemps. Il portait un sac assez lourd sur ses épaules. Une livraison qu'il devait remettre dans une consigne de la gare du Nord ce matin-même. Au moment où il traversait la rue, un automobiliste freina, l'évitant de justesse. Le sang de Marcello ne fit qu'un tour et il se mit à invectiver le chauffard, le traitant de tous les noms d'oiseaux. Il serrait les poings, le visage congestionné, et donna un coup violent sur le capot. Terrorisé, le conducteur n'en menait pas large devant un tel déploiement de force. Il appuya sur l'accélérateur et s'enfuit sans demander son reste. Le piéton rejoignit le trottoir en grommelant. Ses petits yeux marron fulminaient encore lorsqu'il atteignit le parvis de la gare.

 

Voilà, votre personnage est "vivant", il s'est inserré dans l'histoire et agit sous les yeux du lecteur. Bien sûr, vous n'avez pas, à ce stade, utilisé toutes les informations de la fiche. Vous le ferez à mesure que le récit progressera.

J'espère que cet exemple vous a convaincus de faire des fiches pour chacun de vos personnages avant de débuter la rédaction de votre roman. Faites une fiche encore plus détaillée pour le héros. Bon courage, bonne inspiration ! 

 

 

 

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