Ecritures

Un exercice jouissif

 

Assiduité, Travail, Oser être soi. Tels sont les mots qui résument pour moi le métier d'écrivain.

  1. Assiduité : Ecrire devient une seconde nature. Il faut écrire tous les jours assidument et ne pas se contenter de ce que l'on vient d'écrire. Revenir sur son écriture, la corriger, la perfectionner, la polir. Se constituer un style,  une façon d'écrire qui n'appartient qu'à soi.
  2. Travail : Travailler la trame, encore et encore. Ne pas se décourager. "Hâtez-vous lentement et, sans perdre courage. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Polissez-le sans cesse et le repolissez Ajoutez quelquefois, et souvent effacez". Je vous conseille de (re)lire l'art poétique de Boileau et de suivre ses préceptes... Il faut aussi aimer la solitude.
  3. Oser être soi : Et puis apporter quelque chose de nouveau, un regard sur le monde différent, intelligent, décalé. "L'écrivain est celui qui aiguise le regard", disait Philippe Djian. Prendre des risques fait partie du challenge. Car il s'agit d'un véritable défi. Celui de trouver une histoire intéressante et de la mener jusqu'au bout avec des outils adequats, un regard acéré et une langue irréprochable.
  4. Trouver son public, ses lecteurs par le biais des salons, des dédicaces, d'un site, d'un blog. Comment être visible dans un monde où la concurence est rude ? Comment accrocher le lecteur et en découvrir d'autres ? That is the question ! Si vous avez des remarques à faire, je suis preneuse !

Lorsque j'écris, je sors de moi-même, je suis hors du temps. Je vis la vie du personnage principal, une autre vie que la mienne. C'est fantastique. C'est un exercice jouissif, intensément vivant, qui devient une drogue. J'ai un besoin irrépressible d'écrire et plus j'écris plus j'ai envie d'écrire. Pourtant, contrairement à certains auteurs, je n'écris qu'un livre à la fois car je suis dedans. A fond. Je vis Johanna, je rêve de Johanna. Puis je deviens Fred, puis Pierre, puis les autres. Je les aime tous. Ils m'appartiennent mais me surprennent parfois. Ils vont au-delà de ce que j'écris. Ils m'échappent tellement ils sont vrais et ont leur vie propre. Je finis quand même par faire des fiches personnages pour synthétiser leur caractère, leur profession, leurs centres d'intérêt, leur rapport avec les autres. C'est pratique et cela clarifit les choses. Autre aspect intéressant, qui me fait penser au "gueuloir" de Flaubert, un méticuleux qui paufinait à l'infini ses phrases en les prononçant à haute voix. Je pense qu'il s'agit d'un exercice intéressant pour un auteur. La phrase claque, et ses défauts deviennent évident. Vous pouvez faire encore mieux. Travail de longue haleine...

 

J'écris au fur et à mesure de mon inspiration. Je n'ai pas de plan pré-établi. Bien sûr je fais de nombreux retours en arrière, pour ne pas commettre d'erreurs et pour que ce soit cohérent. Une sacré gymnastique, je peux vous le dire ! J'aime particulièrement cette citation de Julien Green, "La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l'écrivain." Effectivement, on ne tape jamais assez vite ! J'a bâti mon personnage au fur et à mesure que les mots me venaient. J'ai fait sa connaissance. Johanna est quelqu'un de simple, de dynamique, de passionné. Elle est très curieuse et lit beaucoup. Bien sûr, il y a un peu de moi là-dedans...

 

 

  • "La dame blanche du château" contient beaucoup de dialogues pour rendre l'histoire vivante, émouvante. J'ai mis beaucoup de moi dans le personnage de Johanna. Ceux qui me connaissent s'en apercevront...Elle est à la fois curieuse, spontanée, intrépide, passionnée. 

 

  • Ce roman parle d'un trafic d'oeuvres d'art et d'un meurtre horrible, celui d'un enfant.
  • Que se passe-t-il dans le château de Rabusson, près de Marbuis ? Johanna la belle héroïne va se lier avec Violaine et Annie. Ensemble, elles vont visiter la bâtisse où, d'après la légende, une dame blanche erre, les nuits de pleine lune, sur le chemin de ronde de la tour nord.

46857 ghostly image

 

 

"J'ai accompli de délicieux voyages embarqué sur un mot" Honoré de Balzac

Clair obscur, Sandrine Lambert

Ils illuminent la nuit opaque et remplacent le silence angoissant de la solitude.

Ils sont une harmonie, un choeur grandiose, une musique ineffable.

Ils sucrent, gargarisent, pimentent, anoblissent et haussent jusqu'à l'indicible. 

Ils brossent des portraits inoubliables, éclairent des paysages somptueux, mettent en exergue des problèmes que nous partageons tous.

Ils réconcilient, apaisent, apportent amour et tendresse, créent des volutes et des rêves inouis.

Ils fabriquent, échafaudent, confectionnent du lien social, tricotent des bêtises, ôtent les malaises suppriment les malentendus.

Ils arrachent, déchirent, épouvantent, hurlent, anéantissent. 

 

Couple romantique

Alter ego, Sandrine Lambert

 

Juste un regard à partager,

Mon autre moi.

Une éclaboussure,

Un instant pur.

Juste une étoile

Dans sa diversité.

 

Mon amant chéri,

Inventons toujours

Une myriade de moments bleus

Où nos âmes vives

Se rencontrent ici-bas,

Frémissantes, délicates et poreuses.

 

Je te connais, toi, mon complice, mon époux,

Etirant tes bras de porphyre

Jusqu'à l'horizon

D'une nuit d'août parfumée.

 

Sans rien dire, amour, mon infini,

Je marche vers toi, ailée,

Effleurant lherbe émeraude

Ô ma source claire et lumineuse.

 

D'un élan extatique

Je viens à ta rencontre,

Silencieuse et menue,

Pour me blottir contre toi,

Dans ta chaleur bienfaisante

Qui m'apaise toute.

 

L'acte d'écrire

 

"Ecrire et voir, c'est pareil, et pour voir il faut de la lumière. Le paradoxe c'est qu'on peut trouver de la lumière dans le noir de l'encre. C'est comme de la nuit sur la page, et c'est pourtant là qu'on voit clair." Christian BOBIN

L'écrivain est-il un égoïste ? L'acte d'écrire est le plus solitaire qui soit et l'écrivain adore cette solitude-là. Créer des mondes demande de la patience et un travail de fourmi long et minutieux. Il en oublie parfois le réel tellement il est plongé dans sa création, tel un Prométhée moderne qui a volé le feu de l'Olympe, le savoir divin.  Il crée son propre monde et en jouit de façon intime et égoïste. Il est comme imbibé de ses mots, de ses phrases, de son univers personnel qu'il veut rendre parfait. Ecrire devient une obsession. Ecrire et réécrire. Corriger, revenir en arrière, paufiner la langue, cet outil  imparfait. Il cherche le mot le plus juste, l'expression la plus adéquat à sa pensée. Des mots jaillit la lumière, la pensée. Il y voit clair enfin.

 

 Six choses que j'aurais aimé savoir avant de devenir un écrivain :

  1. Le temps que l'on passe derrière son ordinateur, à chercher des idées, à s'informer, à écrire, à effacer, à recommencer. Le vertige de la page blanche ou le manque d'inspiration... ou bien lorsqu'on a trop d'idées à la fois.
  2. comment trouver un sujet digne d'être éditable (les faits divers, par exemple)
  3. Comment dénicher un éditeur digne de ce nom, qui édite sans frais pour l'auteur ! Un éditeur qui encourage, qui épaule, qui donne confiance.
  4. savoir lire un contrat d'édition
  5. savoir que c'est l'auteur qui fait la promo de son livre (comment ?) et non l'éditeur. 
  6. Savoir rédiger un dossier de presse afin de présenter son livre aux libraires.

 

Lecture

Fernando pessoa

Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité

 

Réflexions personnelles du soir :

 

 

 

La lecture est faite pour nous bousculer, nous inciter à voir le monde autrement, sous un angle différent. "L'écrivain doit donc proposer quelque chose qui sert à voir le monde", disait Philippe Djian. A travers des filtres, l'oeil de l'auteur, sa façon d'écrire, ses émotions, nous percevons le monde autrement, le monde qui s'agite, qui bat, qui vit avec sa violence et ses instants de douceur. L'impermanence prônée par Bouddha. Rien n'est jamais pareil et suivant l'état d'esprit et les goûts du lecteur, celui-ci va choisir tel ou tel ouvrage et se l'approprier dans l'ici et le maintenant. Les mots ne sont que des vecteurs de sentiments. Ils propulsent nos émotions, celui de l'auteure et celui du lecteur, vers l'imaginaire qui est le monde dans toute sa diversité. Lorsque nous lisons, nous sommes intranquilles, prêts à accepter ce qui va suivre.  "Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu". Jean d'Ormesson a toujours le dernier mot !

 

Le vertige de la page blanche

Lorsque je dois commencer un roman, j'imagine une phrase, une atmosphère, un personnage, et c'est parti. Tout me vient au fur et à mesure. Récemment, j'ai abandonné un roman de plusieurs pages car il ne m'a mené nulle part. Je le reprendrai peut-être plus tard, en modifiant des passages... Les échecs font partie de l'expérience d'écrivain.

Autre vertige, autre problème,  la pensée va plus vite que les doigts sur le clavier. C'est Julien Green qui disait "La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l'écrivain". La foi, l'enthousiasme et l'inspiration sont bridés par les outils qu'il a à sa disposition. Heureusement, je tape très vite ! 

Le roman a une vie propre, qui se dessine page après page. Exilé, l'écrivain se débat dans le monde qu'il crée,  fruit de son imagination fertile et parfois débridée. Pauvre thaumaturge ! Autre vertige, autre angoisse du créateur devant sa créature. Le monstre engendré par Frankenstein va se rebeller, vivre de sa vie propre. 

 Vertige des différentes lectures. Tous ces lecteurs qui s'approprient l'œuvre d'un seul, la transforment, la triturent pour en créer une nouvelle. 

Enfin le vertige de sortir de son antre, de rencontrer les autres, de parler de son livre devant les médias, de se mettre en lumière après avoir été dans l'ombre. C'est ce qui est le moins évident pour moi qui suis plutôt réservée. 

 

Nos héros

 

La lecture est une amiti

Certains héros fascinants font partie de nos amis, de notre vie. Ils nous sont tellement familiers ! Le lecteur connaît tel personnage, son physique, sa psychologie et il a rêvé avec lui. Il s'est mis à sa place. Vous pouvez être, tour à tour, Robinson Crusoé, le comte Dracula ou bien le petit Marcel qui pose ses pièges avec Lili dans les collines de Marseille. Vous vivez leurs aventures et puis ils restent en vous, pour toujours. Quelquefois, ils vous manquent, ces héros de papier, tellement vivants lorsque vous lisez le roman concerné. Il ne tient qu'à vous de le relire. Une richesse inépuisable de devenir quelqu'un d'autre. La magie de la lecture.

 

Les outils indispensables

"Moi, les mots j'aime bien. J'aime bien les phrases longues, les soupirs qui s'éternisent. J'aime bien quand les mots cachent parfois ce qu'ils disent ou le disent d'une manière nouvelle". Grégoire Delacourt

Prenons un mot au hasard. Le mot "boucle". Ressentez-le ; il épouse la rondeur de l'objet (le son "ou"), et sa finesse  (cle). De même, "grenade" contient les grains du fruit avec le son "gr" qui roule. Vous sentez les graines ? Dans le mot "grenaille", elles sont plus grosses et plus dangereuses. Elles font mal (aille).

J'aime bien délirer sur les mots, jouer avec les sons, les allitérations, les assonances et les connotations. Il y a des mots que l'on aime pour leur son, (Sophocle, Vladivostok, Ouagadougou) d'autres pour leur sens ( rêve, amour, liberté, lumière). Le verbe "frotter" contient des allitérations (f et tt) qui indiquent le mouvement de va-et-vient sur une surface. La connotation n'a rien à voir là-dedans. Le son fait toute la richesse du mot. J'aime aussi épépiné, gorge, solilès et grenade. Parmi tant d'autres. La langue française est belle et je suis fière de l'avoir enseignée.

Marcel Pagnol en fait collection :

"J'adorais grenade, fumée, bourru, vermoulu et surtout manivelle: et je me les répétais souvent, quand j'étais seul, pour le plaisir de les entendre.

Or, dans les discours de l'oncle, il y en avait de tout nouveaux, et qui étaient délicieux : damasquiné, florilège, filigrane, ou grandioses : archiépiscopal, plénipotentiaire ..."

Quel sont les vôtres ?

Ca45c8 5f4127a8e73244c5be14a81bdd854e0c mv2

 

 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail

Ajouter un commentaire